Contraintes énergétiques et nutritionnelles sur le développement du cerveau : implications pour l’expansion du cerveau humain au cours de son évolution
- Titre original : Energetic and nutritional constraints for brain development: Inferences for human brain expansion during its evolution
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Pages : p. 74-83
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- Nature du document : documentaire
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Résumé :
Un apport considérable en énergie et en certain micronutriments est essentiel au développement du cerveau humain, et tout indique que cette double contrainte aura prévalu tout au long de son évolution. En ce qui concerne plus particulièrement la contrainte énergétique, elle a été surmontée grâce à une couche importante de gras corporel qui se développe dans le fœtus humain au cours des trois derniers mois de la gestation. Cette couche de gras a pour effet de répondre à la forte demande énergétique des premières années de la vie des nouveau-nés en leur fournissant les acides gras nécessaires à la production de corps cétoniques, carburants obligatoires de leur cerveau en croissance. De plus, elle constitue une réserve très importante de l’acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras oméga-3 qui se trouve en grande quantité dans les neurones. Aucun autre primate ne bénéficie d’une telle réserve de carburant ni de DHA. Les oligoéléments séléctifs du cerveau, principalement l’iode et le fer, mais aussi le zinc, le cuivre et le sélénium, jouent un rôle de premier plan dans le développement d’un cerveau normal. Un régime alimentaire composé de poissons, de mollusques, de crustacés, d’amphibiens, d’œufs d’oiseaux et de plantes aquatiques réunit les sources alimentaires connues les plus riches en DHA et en oligoéléments sélectifs du cerveau. L’accès continu à ces aliments par la première lignée d’hominidés destinés à devenir des humains aurait apporté une réponse à la demande en nutriments nécessaires à l’expansion et au fonctionnement du cerveau de ces primates. Le « paradigme du rivage » pose que des groupes de premiers Homo auraient eu un accès privilégié à l’eau douce et aux ressources alimentaires tirées du littoral. Cet avantage aurait facilité la satisfaction des besoins essentiels du cerveau de notre ancêtre en matière de nutrition et d’énergie. À cet égard, on observe qu’un régime alimentaire pauvre en nutriments sélectifs fragilise le cerveau et rend encore de nos jours son développement vulnérable, et ce, à une échelle mondiale.
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- Descripteurs : [Motbis] cerveau [Motbis] évolution des espèces [Motbis] régime alimentaire
- Mots-clés : Acides gras omega-3 / Acide docosahexaénoïque / Fer / Iode / Gras corporel / Corps cétoniques
- Niveau : BTS/Enseignement supérieur
- Discipline : Diététique
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- En ligne : http://www.sciencedirect.com