Difficultés rencontrées par les médecins généralistes du département de la Haute-Vienne dans la prise en charge de l’obésité et pistes d’amélioration possibles
- Titre original : Difficulties encountered by general practitioners in the department of Haute-Vienne in the management of obesity and suggestions for improvement
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Pages : p. 142-149
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- Nature du document : documentaire
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Résumé :
En France, au moins 15 % des personnes de plus de 15 ans sont obèses. La prise en charge (PEC) de l’obésité par le médecin généraliste (MG) est fondamentale, mais difficile. On dispose de peu de données concernant le ressenti du MG face à l’obésité. L’enquête avait pour buts de faire le point sur les difficultés rencontrées par les MG, sur leurs propositions d’amélioration, et sur leur opinion globale face à l’obésité.
Un questionnaire anonyme déclaratif était envoyé à 200 MG d’un département échantillonnés par l’Union régional des professionnels de santé. Il relevait des données épidémiologiques concernant les MG, leurs difficultés perçues, leurs propositions d’amélioration et leur ressenti global face à cette pathologie. Les tests statistiques étaient le test du Chi2, le test de Fisher, le test de Student, et l’analyse de variance.
Trente-quatre pour cent des MG (n = 68) répondaient à l’enquête. Un pourcentage de 27,9 % d’entre eux avait une formation en nutrition. Les MG rapportaient 6,5 % d’obèses dans leur patientèle et 18,6 % de surpoids. Ces valeurs n’étaient pas liées à l’âge, au lieu d’exercice ou au niveau de formation des MG. Les femmes MG voyaient moins de patients en surpoids que les hommes (11,6 ± 3,0 vs 19,8 ± 6,9, p = 0,04). Les cinq difficultés de PEC les plus citées étaient liées aux patients : mauvais suivi des conseils d’activité physique (94,1 % des répondants), diététiques (91,1 %), psychologiques (72,0 %), manque de motivation (92,6 %), présence de troubles du comportement alimentaire (83,8 %). Un pourcentage de 58,8 % des MG se sentait inefficaces, 52,9 % pensaient avoir trop peu de temps et 50,0 % trop peu de formation. Vingt-huit pour cent des MG n’étaient pas intéressés par l’obésité. L’insuffisance de formation était positivement liée au sentiment d’inefficacité (p = 0,007), au manque de temps (p = 0,03) au désintérêt pour l’obésité (p = 0,0002). Parmi les suggestions d’amélioration proposées, les MG retenaient en priorité de réaliser une éducation alimentaire familiale (83,8 %) ou scolaire (80,9 %), de mieux prendre en charge l’obésité infantile (83,8 %), d’améliorer la PEC psychologique (76,5 %), de sensibiliser le public aux effets du temps passé devant des écrans (70,5 %), de rembourser la consultation diététique (69,1 %). Un pourcentage de 67,7 % des MG proposait une lutte contre la stigmatisation des obèses, 66,2 % une meilleure formation médicale. La création de réseaux de soins, d’ateliers de groupe, de structures d’activité physique étaient ensuite cités. Cependant, 82,4 % des répondants étaient globalement insatisfaits de leur PEC de l’obésité.
La PEC des patients obèses ou en surpoids est une part importante de l’activité des MG mais les laisse très insatisfaits. Pour les MG, les obstacles rencontrés sont en premier lieu liés aux patients. Néanmoins, l’insuffisance de formation médicale est souvent vécue négativement, avec une répercussion sur l’intérêt et l’efficacité des praticiens. Pour les MG des actions préventives familiales et à l’école sont prioritaires. L’amélioration de la formation médicale, le développement de certains secteurs de soins (psychiatrie, diététique, activité physique) et de réseaux, seraient des pistes à explorer pour le département étudié.
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- Descripteurs : [Motbis] médecine générale [Motbis] obésité
- Mots-clés : Difficultés de prise en charge
- Niveau : BTS/Enseignement supérieur
- Discipline : Diététique
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- En ligne : http://www.sciencedirect.com